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Portrait de l’équipage – Mathieu Leclerc

Derrière chaque expédition scientifique à bord du NGCC Amundsen, une équipe de la Garde côtière canadienne travaille sans relâche pour assurer le bon déroulement des opérations. Si les scientifiques sont au cœur de la recherche, c’est grâce au travail de nombreux membres d’équipage que ces missions peuvent avoir lieu dans les meilleures conditions.

Avec cette nouvelle série, Portrait de l’équipage, nous vous invitons à découvrir celles et ceux qui font vivre le navire au quotidien. Ils nous parlent de leur métier, de leurs responsabilités, des défis qu’ils relèvent et de ce qui les passionne dans leur travail.

Pour cette première édition, nous rencontrons Mathieu Leclerc, officier logistique à bord du NGCC Amundsen.

En quoi consiste ton travail comme officier logistique à bord de l’Amundsen?

Mon travail consiste à assurer l’approvisionnement en denrées alimentaires ainsi qu’en matériel de nettoyage et d’entretien pour le secteur hôtelier du navire, qui comprend la cuisine et l’hébergement. Je suis également responsable de la gestion du magasin de pièces mécaniques et du magasin des produits dangereux, en veillant au contrôle des inventaires, à l’entreposage sécuritaire et à la disponibilité du matériel nécessaire aux opérations.

Je seconde aussi le commandant dans la gestion des finances du navire et je m’assure que les dossiers administratifs de l’équipage sont conformes aux exigences réglementaires, notamment en ce qui concerne les passeports, les certificats médicaux et les brevets maritimes.

Je supervise une équipe de 5 à 9 personnes, selon la période de l’année. Cette équipe est composée des cuisiniers, des stewards et du commis magasinier. Mon rôle est de coordonner leur travail, de veiller au bon fonctionnement des opérations quotidiennes et de m’assurer que l’équipage et les scientifiques bénéficient d’un service de qualité tout au long de la période.

Depuis combien de temps occupes-tu ce poste?

J’occupe le poste d’officier logistique depuis novembre 2022, donc bientôt quatre ans. J’ai commencé comme steward en 2019, puis j’ai occupé le poste de commis magasinier de décembre 2020 à novembre 2022.

As-tu déjà exercé ce travail sur d’autres navires? Si oui, qu’est-ce qui distingue l’Amundsen des autres?

J’ai passé quelques mois à bord du Des Groseilliers en 2024. Ce qui distingue l’Amundsen, c’est avant tout la mission scientifique. Le défi professionnel est plus grand, notamment parce que nous sommes environ 80 personnes à bord, comparativement à une quarantaine sur la plupart des autres navires.

Nous côtoyons des scientifiques provenant de plusieurs pays et de différentes disciplines, ce qui nous permet d’en apprendre davantage sur leurs recherches et leurs projets. Nous avons aussi la chance de naviguer dans des régions où très peu de gens ont l’occasion d’aller.

La vie à bord est stimulante, bien remplie et il y a toujours de nouveaux défis. C’est un environnement de travail unique!

À quoi ressemble une journée typique pour toi lorsque le navire est en mer?

La journée débute par une rencontre avec mon équipe afin d’organiser le travail de la journée et de faire le point sur l’avancement des différentes tâches. Je fais ensuite une tournée des locaux sous ma responsabilité pour m’assurer que tout est conforme, propre et sécuritaire.

Je consacre ensuite une bonne partie de ma journée aux tâches administratives : gestion des finances, approvisionnement, suivi des inventaires, coordination avec les différents départements et réponses aux demandes de l’équipage.

Aux heures des repas, je m’assure que mon équipe ne manque de rien. Au besoin, je leur donne un coup de main afin d’assurer le bon déroulement du service.

Mon rôle comprend également la participation à l’organisation des activités et des événements à bord, de même que la gestion de la cantine (qui est aussi le club social de l’équipage). Chaque journée est différente, ce qui rend le travail varié et intéressant.

Quelles sont tes principales responsabilités avant le départ de l’expédition?

Avant chaque départ, j’effectue les commandes et je planifie l’approvisionnement pour toute la durée de la mission, autant pour les denrées alimentaires que pour le matériel sous ma responsabilité. Je dois prévoir les besoins en fonction de la durée de l’expédition, des escales et du nombre de personnes à bord.

Je m’assure également que tous les dossiers administratifs de l’équipage sont à jour et conformes aux exigences réglementaires. Enfin, je coordonne les livraisons avec les fournisseurs et les différents départements afin que tout soit reçu, vérifié et prêt avant le départ.

Quels sont les plus grands défis que tu rencontres dans ton travail?

Le plus grand défi est de bien planifier. Nous devons prévoir les besoins plusieurs semaines, parfois plusieurs mois à l’avance, tout en sachant qu’une fois en mer, il est souvent impossible de se réapprovisionner.

Il faut aussi être capable de gérer les imprévus, de trouver rapidement des solutions et de répondre aux demandes de plusieurs départements en même temps. Une bonne organisation et une bonne communication sont essentielles pour que tout fonctionne bien.

Y a-t-il une période de l’année particulièrement intense pour toi? Pourquoi?

La période de mobilisation et d’approvisionnement du navire en vue de la mission scientifique est de loin la plus intense de l’année. Nous devons planifier les besoins pour plusieurs mois de navigation, souvent dans des régions éloignées où il est impossible de se réapprovisionner.

Cette période demande beaucoup de coordination avec les fournisseurs et les différents départements du navire. Il faut aussi prévoir les imprévus afin que tout soit prêt avant le départ.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ton travail?

Ce que j’apprécie le plus dans mon travail, c’est de contribuer au bien-être de l’équipage et des scientifiques. Leur satisfaction est une grande source de motivation, puisque leur confort et la qualité des services offerts font partie des fondements de mes responsabilités. Le domaine de la logistique est parfois exigeant et demande une grande capacité d’organisation, mais il est très gratifiant de voir concrètement les résultats de nos efforts au quotidien.

Mon travail me permet aussi de voyager et de naviguer un peu partout au Canada, souvent dans des endroits que peu de gens ont la chance de voir. Travailler sur un navire était un rêve d’enfant, alors je me considère vraiment privilégié de pouvoir en faire mon métier aujourd’hui.

Quelles qualités ou compétences sont essentielles pour être un bon officier logistique?

Pour être un bon officier logistique, il faut avant tout être très organisé. Une bonne partie du travail consiste à prévoir les besoins plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance, tout en étant capable de s’adapter aux imprévus.

Il faut aussi avoir un bon sens des priorités, être autonome et aimer résoudre des problèmes. Comme nous travaillons avec plusieurs départements, de bonnes aptitudes en communication et un bon esprit d’équipe sont essentiels. Enfin, il faut être capable de gérer le stress, surtout pendant les périodes de mobilisation où les délais sont serrés et où une bonne planification est essentielle.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait occuper un poste similaire?

Je lui dirais de ne pas avoir peur des responsabilités et d’être prêt à apprendre. La logistique est un domaine où il faut être organisé, débrouillard et capable de s’adapter rapidement aux imprévus.

C’est aussi important d’avoir un bon esprit d’équipe, puisque nous travaillons avec plusieurs départements et que tout le monde dépend les uns des autres.

Finalement, il faut aimer les défis. Les journées ne se ressemblent jamais et c’est justement ce qui rend ce travail aussi intéressant.