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Portrait de l’équipage – Céline Gagnon

En quoi consiste ton travail de matelot à bord de l’Amundsen?

Mon travail consiste principalement à charger du matériel à bord du navire, à assurer la sécurité des scientifiques et à accompagner les équipes lors des opérations d’échantillonnage.

Parfois, j’offre un soutien moral aux personnes qui ne sont jamais venues à bord. Je les rassure et leur apprends à utiliser leur équipement de façon sécuritaire. Mes tâches sont assez variées.

Lorsqu’on n’est pas en mode science, je m’occupe de l’entretien du navire. Je fais des réparations, de la peinture, du ménage et du chargement de la cargaison. 

Depuis combien de temps occupes-tu ce poste?

Je suis montée à bord de l’Amundsen pour la première fois en 2003-2004, dans le cadre du projet CASES. J’ai alors eu la chance de faire partie de l’équipe embarquée pour l’Année polaire internationale.

C’était vraiment intéressant, parce que nous étions dans la banquise tout l’hiver. C’était comme un camp de glace où l’on se déplaçait en motoneige, où l’on installait des tentes et où l’on aidait les scientifiques dans leurs opérations sur la glace, notamment en creusant des trous et en les entretenant.

Ensuite, je suis revenue en 2007-2008 pour un autre leg d’hiver, puisque j’avais déjà de l’expérience dans le travail hivernal. Je suis aussi allée travailler sur d’autres bateaux, selon les besoins, ce qui m’a permis de découvrir différentes tâches et d’acquérir de nouvelles expériences sur d’autres navires.

Je suis revenue officiellement sur l’Amundsen en 2013, comme membre permanent de l’équipage.

As-tu déjà exercé ce travail sur d’autres navires? Si oui, qu’est-ce qui distingue l’Amundsen des autres?

J’ai fait du balisage sur le Martha Black et le George Harper. Je suis aussi allée dans le Nord avec le Desgroseillers et le Radisson, mais ces navires sont vraiment différents de l’Amundsen.

L’expérience à bord n’est pas la même et on ne travaille pas de la même façon avec les scientifiques.

L’Amundsen est vraiment dans mon cœur. C’est un navire rempli de défis. J’adore ça!

À quoi ressemble une journée typique pour toi lorsque le navire est en mer?

Mes journées commencent à 5 h 30 du matin et se terminent à 17 h 30. Je suis constamment en train de réaliser des opérations d’échantillonnage avec les équipes scientifiques : une opération après l’autre.

Lorsque le navire est en transit d’une station à une autre, on en profite pour faire des tâches qu’on ne peut pas réaliser pendant les journées d’opérations, comme réparer certains équipements du navire ou faire du ménage.

Comme matelot, j’opère aussi les grues et les treuils du navire. Le défi est encore plus grand en mer à cause du mouvement du navire. Il faut être attentif et prêt à n’importe quoi. J’aime beaucoup cette partie du travail. C’est exigeant, mais on ne s’ennuie jamais.

Quels sont les plus grands défis que tu rencontres dans ton travail?

Au début, il y avait beaucoup d’apprentissage pour moi. Il a fallu que j’apprenne à manipuler les différents instruments et à comprendre les détails de toutes les opérations. Maintenant, je suis capable d’accompagner les nouveaux et de leur transmettre toutes ces connaissances.

Je suis vraiment motivée par toutes les opérations qui se déroulent sur le navire. C’est dynamique et pas du tout routinier. Les journées sont longues et chargées, mais elles passent vite.

Y a-t-il une période de l’année particulièrement intense pour toi? Pourquoi?

La mobilisation est une période assez intense pour les matelots. Plusieurs équipes scientifiques viennent à bord et ont des besoins différents. Il y a une très grande quantité de matériel à charger à bord, en plus des conteneurs, des vivres et de la nourriture à stocker.

C’est aussi une période où il faut trouver des solutions, et ça, j’aime beaucoup ça!

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ton travail?

Être matelot nécessite d’être capable de se débrouiller et, parfois, d’inventer des choses. Ce matin, par exemple, j’étais justement en train d’inventer une puise pour pouvoir nettoyer le puits d’eau dans la coque du navire.

Il faut être créatif et capable d’imaginer des objets ou des outils qui permettent de réaliser les opérations scientifiques et de répondre aux besoins des équipes. On est dans le Nord, alors il faut savoir faire avec ce qu’on a sous la main.

Quelles qualités ou compétences sont essentielles pour être un matelot?

L’esprit d’équipe, l’entraide et le partage. Il faut savoir être à l’écoute lorsque les gens ont besoin d’aide, peu importe le besoin. Il faut aussi être capable d’anticiper et de porter attention à ce qui se passe autour de soi.

On est isolés et, parfois, les gens peuvent se sentir seuls sur le navire. Je trouve donc que c’est très important de se montrer présente pour les autres et de les accompagner pendant leur temps en mer.

Je suis parmi les personnes les plus anciennes et les plus expérimentées à bord. Les gens se tournent vers moi lorsqu’ils ont des craintes ou des questions. J’aime être capable d’être présente pour les rassurer.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait occuper un poste similaire?

Matelot, c’est le plus beau métier du monde. Il faut aimer le changement, être capable de s’adapter et apprécier le moment présent. Dans chaque petit moment, il y a un moment de bonheur, même si parfois c’est difficile.

Si tu as le sens de la débrouillardise, que tu es autonome, que tu es créatif et que tu aimes trouver des solutions, c’est un métier pour toi.