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La composition en acides gras du phytoplancton dans l’Arctique

Dans l’Arctique, les écosystèmes marins reposent sur un équilibre fragile influencé par les conditions océaniques. À la base de cette chaîne alimentaire se trouve le phytoplancton, de microscopiques organismes essentiels qui fournissent l’énergie et les nutriments nécessaires aux poissons, oiseaux marins et mammifères. Comprendre ce qui influence leur qualité nutritionnelle est donc crucial, surtout dans un contexte de changements rapides de l’environnement arctique.

À bord du NGCC Amundsen, Carlissa Salant, Jean-Éric Tremblay et Christopher Parrish ont recueilli des échantillons de phytoplancton dans la baie de Baffin et la mer de Beaufort afin d’étudier l’influence des conditions océaniques sur la qualité nutritionnelle du phytoplancton, et d’analyser sa composition en lipides et en acides gras.

En croisant ces analyses avec des mesures des propriétés physico-chimiques de l’eau (température, salinité, lumière, nutriments), les scientifiques ont pu identifier les facteurs les plus influents. Ils montrent que ces conditions océaniques jouent un rôle plus déterminant que la localisation géographique elle-même. Le phytoplancton présent dans des eaux profondes, plus salées et mieux oxygénées est généralement plus riche en oméga 3 et en énergie, ce qui le rend plus nutritif pour le réseau alimentaire. À l’inverse, les zones côtières influencées par les apports d’eau douche, notamment issus de la fonte des glaces et des rivières, présentent un phytoplancton de moindre qualité nutritionnelle.

Ces résultats sont particulièrement importants dans le contexte des changements climatiques. Le réchauffement de l’Arctique accélère la fonte des glaces et augmente les apports d’eau douce, modifiant ainsi la salinité, la formation de couches d’eau et la disponibilité des nutriments dans l’océan. Ces transformations pourraient donc altérer la qualité nutritionnelle du phytoplancton, et par ricochet, affecter l’ensemble de la chaîne alimentaire arctique.

Les scientifiques cherchent à mieux prédire comment ces changements environnementaux influenceront non seulement la quantité de phytoplancton, mais aussi sa qualité ; un élément clé pour comprendre l’avenir des écosystèmes marins de l’Arctique.

 

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