En paléogéographie, les scientifiques utilisent les indices laissés sur le fond marin pour comprendre le passé et en apprendre davantage sur des périodes importantes telles que le dernier maximum glaciaire, une période climatique assez froide qui s’est déroulée il y a 29 000 à 19 000 ans. Récemment, de nouvelles données géographiques sur le fond marin ont fourni des preuves de l’étendue maximale de la marge de l’inlandsis Laurentidien au cours de cette période. Alexis Belko et ses collègues ont utilisé des données bathymétriques recueillies à l’aide d’un sondeur multifaisceaux à bord du NGCC Amundsen en 2003-2021 et du NGCC Hudson en 2018.
Plus précisément, l’équipe de scientifiques s’est intéressée à l’étendue maximale de la glace dans les auges (ou vallées) Broughton et Merchants, situées dans le plateau de glace Laurentidien de la baie de Baffin au cours du dernier maximum glaciaire. Bien que ces deux auges soient géographiquement proches l’une de l’autre, elles présentaient une dynamique et une répartition des glaces différentes.
Sur les images collectées, ils ont observé diverses formes de relief sur le fond marin qui indiquent les mouvements et l’activité antérieurs des glaciers, ainsi que la marge des nappes glaciaires dans ces deux auges. Alors que l’étendue maximale de la glace de mer dans l’auge Merchants semblait être située près de l’embouchure des fjords modernes, l’étendue maximale de glace de mer dans l’auge Broughton semblait être située à environ 5 km du bord du plateau continental. Comme l’inlandsis Laurentidien du passé est un équivalent de celui au Groenland actuel et celui en Antarctique actuel, les auteurs de l’article suggèrent que la compréhension des schémas de glaciation/déglaciation du passé pourrait aider à anticiper la réponse des inlandsis actuels aux perturbations climatiques.